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Non aux porcheries industrielles dans la Creuse !

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Alerte, les projets de porcheries industrielles se multiplient dans la Creuse

JOUILLAT, NOUHANT, SAINT-JULIEN-LA-GENÊTE, TERCILLAT, VERNEIGES…

À QUAND VOTRE COMMUNE ?

Vous trouverez ci-dessous : 2 tracts en pdf, 1 lettre à la Préfète

Paysage aux environs de Chamborand (Source: Wikipedia)

NON aux PORCHERIES INDUSTRIELLES dans la CREUSE !

Un combat juste contre l’agro-business, des porcheries sans paysan∙nes, un élevage dépendant de la seule logique économique. La Creuse ne sera pas une nouvelle Bretagne.

Une porcherie industrielle, c’est :

  • Des animaux maltraités dès leur naissance
  • Des effluves nauséabonds en guise de senteurs printanières
  • Des émissions d’ammoniac « démoniaques »
  • Des bactéries antibio-résistantes qui contaminent l’air et les terres alentour
  • Des virus mutants qui pourraient conduire à une pandémie
  • Des résidus toxiques responsables de la mort des sols
  • Une pollution des eaux par les nitrates et autres déchets nocifs de la production intensive
  • Une consommation d’eau potable scandaleusement élevée en période de sécheresse
  • Une déforestation massive en Amérique du Sud via l’importation d’aliments
  • Une viande « minerai », de mauvaise qualité
  • Des recettes touristiques et des valeurs immobilières en baisse
  • Une qualité de vie qui s’en va à vau-l’eau, pour tous !

Tout est fait pour désinformer les consommateurs sur la réalité des pratiques, la détresse des animaux, l’impact environnemental, la destruction d’un tissu social, les coûts externalisés. Les premiers responsables: autorités, Etat, lobbys de l’agro-industrie.

Si on n’ouvre pas la bouche maintenant, il faudra se boucher le nez plus tard ! 

Tract « Non aux porcheries… » en jpg

Tract: « Des fermes pas des usines » en jpg

Projet de porcherie industrielle à Jouillat – Lettre à la Préfète

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Mail : pref-consultations-public@creuse.gouv.fr

Objet : Consultation publique élevage porcin à Jouillat – Demande d’enregistrement déposée par M. DAUGER

Madame la Préfète,

Je souhaite manifester mon opposition au projet d’élevage industriel de quasiment 2 000 porcs sur la commune de Jouillat, en raison des nuisances olfactives, et des risques environnementaux et sanitaires que subiront les populations autochtones et touristiques.

S’agissant des nuisances olfactives, tout d’abord une question de méthodologie. Rien ne prouve que la rose des vents de Saint-Gervais d’Auvergne utilisée par le bureau d’étude soit applicable à Jouillat. Saint-Gervais d’Auvergne se trouvant à proximité de la Chaîne des Puys, il est probable que le régime des vents y diffère de celui de Jouillat, en raison de la présence d’une barrière montagneuse. Vu la validité douteuse des données concernant le régime des vents, l’évaluation de l’impact olfactif est à revoir.

Par ailleurs, d’après des témoignages, l’installation actuelle du GAEC Le Breuil fait déjà subir un air empuanti au hameau situé à proximité (lieudit le Breuil), en conditions estivales de forte chaleur et vent nul. Il est donc à craindre que les riverains subissent des nuisances olfactives insupportables lors des pics de chaleur, si jamais le projet devait se réaliser. Un quasi-quadruplement de l’effectif de la porcherie est en effet prévu (actuellement : 497 animaux-équivalents, après projet : 1898 animaux-équivalents). Or, nul ne l’ignore, les épisodes caniculaires vont augmenter en fréquence et en intensité, en raison du changement climatique, et par conséquent, les nuisances olfactives s’aggraveront au cours du temps, avec fatalement des effets pour la population locale, autochtone ou touristique.

Du point de vue agricole, les surfaces en herbe représentent environ la moitié de la SAU (169 ha sur 332 ha, soit 51%, cf. p. 59). Une part significative des 3 018 m3 de lisier produits annuellement sera donc épandue sur ces surfaces. En cas d’apports au printemps, le lisier épandu ne pourra être enfoui par labour. En guise de senteurs printanières, les riverains des parcelles concernées humeront des effluves nauséabonds qui persisteront pendant plusieurs jours. Devront-ils se calfeutrer chez eux ? Les nuisances olfactives en relation avec l’épandage de lisier sur les surfaces toujours en herbe sont minimisées dans le dossier.

S’agissant de la prévention de la pollution des eaux, selon les indications fournies p. 56 du dossier, le projet rejetterait 6 330 kg d’ammoniac (NH3) sans traitement, dans l’air, chaque année (les « émanations gazeuses », dixit le dossier, recouvrant essentiellement des émissions de NH3). La majeure partie de ce flux de NH3 se redépose sur les terres situées à proximité de l’installation et sur les bassins versants de la Grande et Petite Creuse et contribue donc aux apports d’azote sur ce territoire. Le dossier ne tient pas compte de ces retombées de NH3 dans le bilan de fertilisation (les autres apports d’azote atmosphérique étant également négligés). Pour préciser l’importance de ces émissions de NH3 : étant donné que 1 kg NH3 équivaut à environ 0,82 unité fertilisante d’azote (kg N), 6 330 kg NH3 correspondent à la fertilisation de 34 ha de prairie fauchée puis deux fois pâturée (besoin cultural de 155 kg N/ha, source : Ch. Agri. Creuse). C’est une erreur « démoniaque » que de les sortir du bilan.

Quant au plan d’épandage, il soulève des interrogations. Comment passer d’un plan papier à la réalité de terrain ? Le document d’enregistrement fait état de surfaces épandables, zonées en fonction de la distance vis-à-vis des tiers (codes couleur : orange, jaune, vert), et de surfaces non-épandables (code couleur : rouge). Ce qui se traduit sur les cartes pp. 63-64 par des parcelles bariolées, avec des formes géométriques parfois fantastiquement compliquées pour les différentes zones au sein d’une même parcelle (exemples : parcelle # 6, qui arbore 4 couleurs et des formes évoquant des « crop circles », et parcelle # 1, qui arbore 3 couleurs et des formes « cubistes »). Dans le paysage complexe de Jouillat et alentours, comment appliquer la fertilisation telle qu’elle est décrite dans le document ? A quel moment le tracteur doit-il faire machine arrière pour ne pas épandre sur une zone en rouge ou en jaune ? Qui vérifiera la bonne application du plan d’épandage sur le terrain ? Autre source de questionnement, l’éloignement de certaines parcelles d’épandage (distance entre le siège de l’exploitation et les terres d’épandage). En l’espèce, la parcelle # 28 située à Roches, et la parcelle # 42 située à Genouillac, sont toutes les deux éloignées de 5 km à vol d’oiseau du siège de l’exploitation. Quid du cheminement difficile du tracteur, remorquant une imposante tonne à lisier d’une capacité de 16 m3 (p. 41) équipée d’un système d’épandage à pendillards (illustration p.39), sur les étroites routes de campagne ? Avec 189 rotations par an (p. 41), l’impact de ce trafic agricole sur la commodité du voisinage n’est pas suffisamment traité dans le dossier. Un éloignement de 5-6 km, jugé « limite », porte atteinte à la crédibilité du dispositif de gestion des déjections animales. On peut en effet s’interroger sur la réalisation effective de l’épandage sur les terres mentionnées.

En ce qui concerne la distribution d’eau potable par le réseau, la consommationpour ce projet de porcherie est estimée à 4900 m3 par an, soit un quasi-quadruplement par rapport à la situation actuelle. Pour Jouillat, cela engendrera une augmentation de consommation d’eau potable non négligeable dans un contexte de sécheresse récurrente. A l’instar de nombreuses communes de la Creuse, Jouillat a fait, pour cause de sécheresse estivale, l’objet de mesures de restrictions des usages de l’eau par arrêté préfectoral au cours des années passées. En période de sécheresse, la population devra-t-elle renoncer à arroser les jardins et les potagers, et éventuellement sera-t-elle condamnée à consommer de l’eau en bouteille, tandis que la consommation d’eau potable de la porcherie industrielle pourra s’élever, par dérogation, à quelques 10 litre et plus par animal et par jour, lors des pics de chaleurs ?

En matière de santé publique, l’élevage industriel soulève le risque de zoonose. Le virus de la grippe porcine, nommé G4 et apparu en Chine, préoccupe les autorités sanitaires. Selon une étude, ce virus présente « toutes les caractéristiques essentielles d’un virus pandémique ». Pour l’heure, ce virus est très infectieux sans être dangereux. En Chine, les travailleurs des abattoirs sont régulièrement touchés par cette grippe porcine. Bien que le virus G4 ne soit pas capable d’infection interhumaine (contamination entre humains), à force d’être exposé à l’être humain, il pourrait s’adapter, muter et acquérir la capacité d’infection interhumaine. Autre cas de figure, les élevages industriels jouant le rôle d’intermédiaires dans la transmission des agents pathogènes entre la faune sauvage et l’Homme. Le virus de la pandémie de grippe H1N1, apparu au Mexique dans une porcherie industrielle, résulte d’une recombinaison des virus de grippe humaine, d’oiseaux et de porcs. Ce qui pointe le porc comme un dangereux réservoir viral.

« Pendant la guerre, on parlait de chair à canon. Aujourd’hui, nous sommes devenus de la chair à pathogènes », dixit un spécialiste du CNRS. Considérant l’envergure du projet (effectif prévu à peine inférieur au seuil de 2000 animaux-équivalents) et la proximité des habitations de tiers (la plus proche à 156 m), je trouve scandaleux que la procédure d’enregistrement actuelle ne tienne pas compte des risques sanitaires évoqués plus haut. A minima, ce projet doit basculer vers la procédure d’autorisation, laquelle associera une enquête publique et une étude d’impact en bonne et due forme, intégrant les facteurs de risques sanitaires et notamment zoonotiques.

Pour toutes ces raisons, je m’oppose à ce projet, Madame la Préfète, et sollicite qu’il soit abandonné au profit d’une agriculture respectueuse des hommes, des animaux et de la nature.

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